Lorsqu’elle a pris sa retraite de l’ordre des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, sœur Jeanine Vermette a choisi de continuer sa vocation dans l’aide et la bienfaisance. « J’ai pensé que je pourrais être utile aux aînés », explique-t-elle.
Sœur Jeanine Vermette s’est donc tournée vers Actionmarguerite Saint-Boniface avec un projet pilote de musicothérapie. Régulièrement, elle rend visite aux résidents avec sa harpe, et joue des morceaux de leur jeunesse. « La responsable de l’animation m’appelle quand elle n’est pas là pour une activité, et je me rends disponible pour la remplacer. »
Pour préparer cette activité, sœur Jeanine Vermette a pris des cours de thérapie par la harpe pour personnes âgées. « Je jouais déjà quatre instruments, mais je voulais un instrument paisible. Pour moi, la harpe était le meilleur, parce que les cordes apportent la paix. Il y a deux ans, j’ai suivi un cours dans lequel j’ai appris comment jouer, et quels tons utiliser pour apaiser les résidents. »
Pendant l’activité, qui a déjà accueilli jusqu’à 20 participants, la bénévole joue et chante en anglais et en français, et les résidents la suivent. « J’aime l’interaction que nous avons. La vibration des cordes les apaise. Quand ils sont dans cette salle, ils sont toujours très calmes. Ça leur apporte de la joie, et ça leur fait du bien de se rappeler des chansons qu’ils chantaient petits. »
Sœur Jeanine Vermette rend aussi visite aux résidents atteints de démence. Ils ne se souviennent pas forcément des paroles, mais ils retiennent les mélodies. « C’est beau de voir leurs réactions, et comment leurs souvenirs reviennent. Ça fait travailler leur mémoire. Ce sont des petites choses, mais elles sont importantes. »
La harpiste se rend également disponible pour des soins spirituels à l’Hôpital de Saint-Boniface, si quelqu’un en fin de vie a besoin de musique pour s’apaiser. « Une fois, j’ai joué pour un aîné en fin de vie, et je voyais des larmes qui coulaient sur son visage. Il m’a dit : Je suis tellement surpris que tu commences par ce morceau, c’est mon préféré. Ça a ouvert une porte, et il a commencé à me parler de sa vie. Il était pilote. Il était vraiment reconnaissant que je vienne le voir. Quand il est décédé, sa femme m’a invitée à venir jouer à ses funérailles. »
Pendant les séances de musicothérapie, sœur Jeanine Vermette prend le temps de lier les chansons à la vie des participants, dont elle connaît tous les prénoms. « C’est important d’essayer de faire ces liens, de leur faire parler de leur vie, des voyages qu’ils ont faits. Par exemple, il y a plusieurs religieuses à Actionmarguerite Saint-Boniface, alors j’aime insérer des chants religieux car je sais qu’elles les connaissent. »
La musicienne anime également le projet pilote Musique et mémoire. « Je mets de la musique dans un iPod. Les participants ont des écouteurs. On écoute ensemble et ça ramène des souvenirs, donc on en discute », termine-t-elle.