Origène et Marie-Lourdes Fillion ont commencé à s’impliquer comme bénévoles à Actionmarguerite Saint-Boniface il y a presque 25 ans. Si la santé d’Origène ne lui permet plus aujourd’hui d’y passer du temps, Marie-Lourdes, elle, continue d’y aller deux fois par semaine.
« Mes deux parents ont été résidents à Actionmarguerite Saint-Boniface pendant quelques années, explique Marie-Lourdes Fillion. On leur rendait visite régulièrement. Quand ma mère est décédée en 1995, une religieuse nous a demandé de continuer à venir. Donc nous sommes restés. »
Comme bénévoles, les Fillion ont participé à la pastorale, distribué la communion, animé des sessions de prière ou des liturgies de la Parole, et rendu visite aux résidents. « Pendant un certain temps, j’allais jouer aux cartes tous les mardis soirs avec trois individus incapables de brosser les cartes, se souvient Origène Fillion. Ils adoraient ça. On s’arrangeait pour que tout le monde passe un bon moment. »
Né à Letellier, Origène Fillion est « venu étudier au Collège Saint-Boniface. Quand j’ai commencé à travailler comme enseignant, mes parents sont venus s’installer à Saint-Boniface également. »
« Par la suite, j’ai été directeur général de la Division scolaire Saint-Boniface et doyen du Collège Saint-Boniface pendant neuf ans. J’ai aussi participé à la création de la Société de la francophonie manitobaine (alors Société franco-manitobaine) en parcourant la province pour trouver le leadership partout où je pouvais. »
Pour Marie-Lourdes Fillion, tout a commencé en Saskatchewan. « Mon frère et ma sœur sont venus au Manitoba avant moi. C’est à travers mon frère que ma relation avec Origène a commencé. Il m’a fait la cour par correspondance pendant deux ans. Puis mon frère s’est marié avec la sœur d’Origène. Nous avons été ensemble pendant deux ans avant de nous marier à notre tour. »
Le couple a eu six enfants. « Mes filles étaient très portées sur les arts, raconte Marie-Lourdes Fillion. C’était un domaine qui m’intéressait aussi, alors j’ai commencé à prendre des cours de poterie. Par la suite, j’ai donné des cours dans un centre culturel. Je suis aussi artiste peintre, et j’expose ici et ailleurs depuis des années. J’ai réalisé plus de 500 tableaux. J’ai également été syndic à la paroisse. Et on a chanté dans la chorale pendant presque 20 ans. »
Pour les époux Fillion, être bénévole à Actionmarguerite était extrêmement important. « On sentait qu’on avait quelque chose à donner, confie Marie-Lourdes. On voulait accompagner ces résidents dans la dernière étape de leur vie. On sentait que ça leur faisait un grand bien d’avoir la chance de vivre leur spiritualité. Ce n’est pas possible de ne pas être heureux d’aider les autres quand on voit le bien que ça leur fait. C’était une belle continuation de notre vie. »
Origène ajoute : « C’est en donnant qu’on reçoit le plus. Quel est le sens de la vie si on n’y met pas l’aspect spirituel qui va au-delà des quelques jours qu’on passe sur Terre ? Pour moi, il est évident que le rôle de chacun est d’aider son frère et sa sœur à se sentir mieux. En d’autres mots, notre rôle est de nous aimer les uns les autres. »